Reportage L'Éveil Normand

Insolite dans l'Eure : sa production de cactus normands fait le buzz

Jardinier paysagiste installé près de Bernay, Jessy Charetiers s'investit dans la production de cactus acclimatés à la Normandie. Sa passion a attiré de nombreux médias.

Par Anthony Bonnet

Publié le 27 Mar 24 à 7:00

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Pour se démarquer, Jessy met le paquet sur le visuel. Il associe ses cactus à des minéraux de couleur.

L’expression « en parler pendant des heures » n’est pas exagérée quand il s’agit de Jessy Charetiers. Intarissable, cet habitant de Courbépine, près de Bernay (Eure), ne se lasse pas de présenter son univers aux journalistes de plus en plus nombreux à venir à sa rencontre ces dernières semaines, curieux de découvrir cette étonnante culture de cactus normands.

Après une première vidéo diffusée sur le groupe Facebook « Terre de talents Bernay » en février, il a notamment reçu la visite du Parisien, de France 3 et de TF1 pour un reportage dans la matinale de Bruce Toussaint. 

« Un engouement »

  « Il y a un engouement médiatique, c’est une activité insolite et je suis le seul à faire ça dans la région », sourit ce jardinier paysagiste de profession, diplômé d’un CAP, qui a longtemps choisi de rester dans l’ombre avant de commencer à exposer sa passion au grand jour sur les réseaux sociaux en ce début d’année 2024.

  « Je mène ce projet depuis dix ans », explique-t-il en faisant visiter sa production de 7000 pieds de cactus, d’une centaine de variétés. Ces vivaces, dont l’origine provient essentiellement du continent américain, Jessy Charetiers s’évertue à les acclimater à la Normandie, aux conditions beaucoup moins arides.  

Les cactus achetés en grande surface, ils sont importés, et cela peut être bien en guise de plante d’intérieur. Mais si vous les mettez en extérieur, ce sera un échec, car ils ne supporteront pas les conditions météorologiques.

  Les siens, il les fait pousser dans une terre argileuse et lourde, et il les soumet à de véritables épreuves dans l’objectif de les rendre « le plus rustique possible ».  

La production de cactus est un travail de longue haleine, qui demande de nombreuses étapes, comme les boutures et les semis.

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L’enjeu du changement climatique

« C’est beaucoup de boulot », confirme le jeune homme de 32 ans, qui détaille comment les cactus, d’abord sous forme de boutures puis en pots, en viennent à être plongés dans l’eau, voire placés au congélateur, afin d’endurer l’humidité et les températures négatives, jusqu’à -25°. « Cet hiver, on a eu du froid, de la neige, et ils ont été recouverts de glace pendant trois jours », sourit le producteur.

Si ces plantes grasses s’adaptent si bien à l’atmosphère normande, « c’est grâce à mon travail, mais aussi à cause du changement climatique », convient-il, lui qui se dit très sensible à l’écologie. « Je tiens à montrer que le réchauffement a un réel impact et à sensibiliser les gens. La Normandie, c’est quand même la dernière région où on aurait pu penser que des cactus arrivent à pousser en pleine terre. » 

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« Mes cactus sont produits en extérieur et mes serres ne sont pas chauffées », précise-t-il.

Face à cette évolution, Jessy Charetiers en est persuadé, cette « merveille végétale » a toute sa place dans les jardins et les massifs. « Cela demande peu d’eau et peu d’entretien, cela peut être intéressant pour les particuliers, mais aussi les collectivités », suggère-t-il.

Autre vertu, « c’est une plante mellifère, qui attire les pollinisateurs. On peut voir des attroupements d’insectes l’hiver, ils viennent hiberner dans les interstices. » Et le bonus, « c’est la floraison l’été » et les fruits offerts par certaines variétés, comme les figuiers de Barbarie.

Encore faut-il réussir à casser l’image négative qui colle parfois encore aux cactus, dont les épines peuvent rebuter les clients. « Tous ne piquent pas », réagit ce natif de la région de Bernay, en faisant toucher un cactus à la peau douce comme du velours. 

Produire et vendre

  Jessy Charetiers a créé sa société, un logo et un site internet en vue de commercialiser sa production et d’en tirer des revenus. Il met le paquet sur le visuel et compte proposer ses cactus dans des pots français recyclés, avec trois tailles et 16 couleurs différentes. « J’ai aussi prévu toute une gamme de minéraux colorés, comme du quartz, du schiste ou du grès, pour sublimer la plante », ajoute-t-il, désireux de se démarquer de la concurrence.  

Jessy Charetiers possède 7000 pieds de cactus et vise le chiffre de 15 000 d'ici la fin de l'année.

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Et la suite est déjà prévue : le jeune homme a commencé à explorer le créneau des espèces aquatiques et il possède une belle quantité de joncs et de nénuphars. A plus long terme, il aimerait créer un parc paysager sur son terrain de trois hectares, où paissent tranquillement des moutons.

S’il n’est pas encore en mesure de recevoir le public, Jessy Charetiers est tout de même confronté à des visites impromptues, et c’est peut-être le revers de la médiatisation intense des dernières semaines. Les cactus normands suscitent de la convoitise, constate l’entrepreneur. 

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